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Alain Migneault, un self-made man

Issu d’un milieu défavorisé de St-Henri, très jeune, Alain s’est promis de devenir millionnaire. Sortir de son milieu a été sa première motivation pour devenir entrepreneur et les notions de risque et d’échec ne font que très peu échos en lui.

L’histoire d’Alain nous rappelle les romans de Charles Dickens et pourtant, il ne s’agit ni d’un conte ni d’une biographie de l’époque victorienne. Alain est né dans les années 70 et c’est à Montréal que se déroule son épopée.

Nous sommes le 31 mars 2017, il est 14 heures lorsque je retrouve Alain à la cafétéria du CRIM, le Centre de Recherche Informatique de Montréal.

D’un ton calme et posé, il commence par me raconter son enfance. Dès les premières minutes, je réalise que sa vie n’a rien d’ordinaire. Les histoires de self-made men m’ont toujours fascinée.

La naissance d’un entrepreneur en série

Placé en foyer à l’âge de 4 ans pour revenir chez sa mère à l’âge de 13 et partir en appartement avec son grand-frère à 15, il est le plus jeune d’une famille de cinq enfants. Très tôt, sa vie est rythmée par des changements : de lieu, de situation, de vie.

De peintre en bâtiment au sein de la COOP Jeunesse de Montréal à représentant des ventes de machines distributrices de chewing gums et de condoms ainsi que de bornes Internet, en passant brièvement par la gestion d’un restaurant et l’ouverture d’une boutique de meubles antiques, Alain a su saisir et créer les opportunités.

Sa vie prend un tournant favorable lorsque l’entreprise de machines distributrices qui l’emploie à titre de commercial fait faillite. Cette dernière décide de payer ce qu’elle lui doit en machines. Ayant un sens aigu des affaires, il passe de cinq machines distributrices à 300, en l’espace de deux ans.

Prospère mais peu épanoui, il décide de se tourner vers l’immobilier. Il a 25 ans et c’est ce deuxième tournant qui le propulse vers le sommet. En effet, au fil des années, Alain n’oublie pas la promesse qu’il s’est faite, un soir, dans sa chambre d’enfant : celle de devenir “millionnaire”, sans saisir totalement la signification de ce terme puisqu’à cet âge, tout ce à quoi il aspirait était à un peu plus de confort. Quoi qu’il en soit, en 2005, il atteint son objectif et fit fortune grâce à la vente d’un parc immobilier. Depuis 2007, il agit en tant que coach en gestion immobilière et continue d’œuvrer dans ce milieu.

Du « je » au « nous », de héros à Weroes

Alain est dans une situation confortable lorsqu’il décide de se lancer un nouveau challenge. Cette fois, il ne s’agit plus d’améliorer sa condition seule mais bien d’avoir un impact sur le monde qui l’entoure. Il veut lancer un projet à impact sociétal, en somme. En 2016, Weroes, une plateforme de revendications sociales, voit alors le jour.

Weroes est né de la volonté d’Alain de permettre à tout un chacun de « toucher au succès » :

Weroes a pour mission de faire de chaque revendicateur prêt à agir, un héros.

L’urgence et la nécessité étant les deux déclencheurs de toute initiative selon lui, Weroes part du constat qu’il y a moult enjeux à régler au niveau planétaire et que l’humain doit se réveiller et agir au plus vite pour échapper à sa propre extinction.

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Des rencontres et des vies

Il est des rencontres qui bousculent nos vies jusqu’à les changer profondément. Deux rencontres ont été décisives dans le parcours jalonné de succès d’Alain.

La première a été celle avec un ami de sa mère, un homme qu’il décrit comme un « sage doté d’une grande spiritualité » et qui lui a servi de guide pendant la première partie de sa vie. Grâce à lui, il dit avoir découvert toutes sortes de mouvements et être devenu l’homme curieux et avide de connaissances qu’il est aujourd’hui.

La deuxième rencontre a été capitale puisqu’il s’agit de son mentor. Considéré par ce dernier comme le fils qu’il n’a jamais eu, il a accepté de le soutenir tant au niveau moral que financier à la seule condition qu’Alain, plus tard, en fasse de même. Alain est aujourd’hui et ce, depuis quelques années déjà, membre d’Anges Québec.

De l’inspiration à l’action

Le contact, dès le plus jeune âge, avec la misère et même la faim dote cet entrepreneur à succès d’un sens soutenu de la justice et d’un fort désir d’ascension sociale. Il avoue même s’être « autoprogrammé pour réussir ». Comment ? En mobilisant et en orientant toute son énergie — intentions, pensées et actions — vers un seul et même objectif : sortir de la précarité.

Si les inspirations ont été multiples et de sources diverses pour Alain, il demeure conscient que seules les actions mènent à des résultats.

« Vaincre ou mourir avec ses rêves », voilà son leitmotiv.

 Ce qui horripile par dessus tout ce rêveur acharné, ce sont les personnes qui croient en quelque chose et qui ne le font pas.

« Vivre hanté par ses désirs », telle est sa définition de l’échec définitif.

On comprend alors mieux pourquoi il s’est engagé dans la création de cette plateforme d’activisme et de revendications : il veut permettre aux personnes ayant des convictions fortes de se faire entendre, d’en mobiliser d’autres et de prendre acte.