img tyls

​​​​​​​Crime de lèse-communication !

Blogue Triplette de Villeray 


Je me confesse, ces derniers temps, j’ai fait preuve d’un déplorable manque de consistance dans ma pratique de la communication en me laissant aller à de l’écriture spontanée, sans filet, à chaud ! J’ai péché par manque de réflexion avant l’écriture. Je n’ai pas respecté mes sacro-saintes habitudes de chercher à tout prix le mot juste, la juste phrase et le sous-texte qui ne dénature pas mon message. J’ai écrit en laissant mes états d’âme guider mon clavier plutôt que ma conscience. J’ai cédé aux sirènes de la communication 2.0 en pensant être dans le coup !

Pas très mature mon affaire, moi qui est une fille de l’écrit, dont c’est la force et qui gagne sa vie depuis toujours grâce à une plume intelligente et réfléchie. Pour moi la communication est un tout, le résultat d’un enchainement logique : sujet, verbe et complément pour l’écrit et une idée et un contexte à la fois pour le verbal. C’est le b.a.-ba de communication efficace !

C’est vrai qu’avec l’expérience de plusieurs années d’écriture dans toute sorte de style, j’ai appris à rédiger en tournant mes doigts sept fois au-dessus du clavier avant d’aligner des mots pour ensuite les structurer de façon à bien représenter le fond de ma pensée.  C’est comme cela que je fonctionne quand j’écris mes blogues ou quand j’interviens sur les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook ou LinkendIn. Si je n’y arrive pas, je m’abstiens !

Mais au niveau du texto, je me suis pervertie ! Un laisser-aller puéril, une certaine insouciance s’est tranquillement installée et c’est vite intensifié avec l’acquisition de mon iPhone. Avant de posséder l’intelligence dans la paume de ma main, j’avais un vulgaire téléphone avec clavier quarty avec lequel écrire des textos s’avérait laborieux. À ma grande surprise, je suis devenue vite accro au petit clavier virtuel de mon « smartphone ».

Tellement cool de répondre plus vite que son ombre et d’avoir l’air spontanée et drôle quand tu textes… mais à l’évidence, aligner des mots comme une mitraillette, à brûle-pourpoint, en agrémentant le tout de petites émoticônes, c’est cute sur le coup, mais quand tu te relies et surtout quand tu constates que ton propos est passé à côté de la plaque et n’a pas été compris dans le sens que tu aurais aimé … ça craint comme disent les Français !

À me laisser aller comme cela à la communication 2.0 spontanée et sans filet, j’ai presque failli bousiller des amitiés en devenir et multiplier les faux pas. J’ai décidé de me réformer en commençant par fermer la fenêtre de dialogue de Messenger sur mon ordi.

 La technologie permettant tant de chose avec un minimum d’effort, j’ai fait preuve de paresse intellectuelle, me consacrant trop à de l’écriture automatique plutôt qu’à de la réflexion « réfléchie »et « bien couchée » sur le papier (ou à l’écran) comme ce blogue que je prends le temps d’écrire en fonction de ceux qui me lise et non de mon petit égo qui voudrait qu’on salue mon sens de la répartie spontanée alors que je suis en réalité super poche en cette matière. J’ai des amis qui maitrisent tellement mieux la technique, je leur laisse le plancher virtuel…

Je me sens mieux maintenant que j’ai pris le temps de faire cette confession réfléchie sur mon crime de lèse-communication. Je suis la première à plébisciter les avancées technologiques dans le domaine de la communication, mais je suis aussi la première à en souligner les dérives, même si je dois pour cela me donner en exemple. 

Natalie Valade

Septembre 2015